lundi 25 août 2014

Saint-Pol-Roux à l'honneur dans le dernier numéro d'Avel Gornog

Il y a un peu moins d'un mois, est parue la dernière livraison d'Avel Gornog, jolie revue entièrement dédiée à l'histoire de la Presqu'île de Crozon, et rédigée par des passionnés, soucieux de rigueur et de qualité. Ce n° 23 composé, pour l'essentiel, d'un copieux dossier consacré à Camaret-sur-Mer, réserve naturellement une place de choix à Saint-Pol-Roux. Ainsi est-il au centre de trois des dix-sept articles qui constituent le sommaire de la livraison.

Notre ami Marcel Burel, pilier de la revue et grand connaisseur de la période bretonne du Magnifique, en a signé deux. Le premier revient sur "l'incendie de la chapelle Notre-Dame de Rocamadour" qui survint le 25 février 1910 et dévasta le bâtiment. Très engagé dans la vie camarétoise, dans ses joies comme dans ses malheurs, Saint-Pol-Roux lança des souscriptions et fut nommé président du Comité de Restauration. Marcel Burel détaille les efforts effectués par le poète et les personnalités du petit port breton pour récolter l'argent nécessaire (pas moins de 10.000 francs), et nous apprend que la générosité du Magnifique prit pour l'occasion des masques bien surprenants...

Dans son deuxième article, Marcel Burel retrace "la guerre 1914-1918 [vue] à travers la correspondance de Saint-Pol-Roux à André Antoine". Ayant ici même consacré une série de billets aux relations entre les deux hommes, je ne m'attarderai pas sur les nombreux et passionnants détails que donne l'auteur sur la façon dont se renforça l'amitié entre le poète et le metteur en scène au cours de cette période tragique, et qui font un merveilleux complément à l'article en cinq parties que je publiai l'an dernier.

Si le nom de Saint-Pol-Roux n'apparaît pas dans la longue étude de Jean-Jacques Kerdreux sur "les conserveries de Camaret", je ne l'ai pas lu avec moins d'intérêt. Car la biographie du poète n'est pas sans rapport avec l'histoire de l'industrie sardinière de Camaret. On peut même affirmer que cette dernière joua un rôle capital dans l'existence du Magnifique. On se souvient, en effet, que Saint-Pol-Roux s'installa à Roscanvel - provisoirement, pensait-il alors - afin de se documenter pour l'écriture des Pêcheurs de sardines, pièce qu'il destinait à Antoine et qui avait justement pour toile de fond la grève des patrons pêcheurs qui entendaient ainsi protester contre les bas prix pratiqués par les usiniers. L'arrivée du poète sur la pointe de la Presqu'île, à la mi-juillet 1898, coïncide justement avec la reprise du conflit social. Il est amusant de voir l'auteur de La Dame à la Faulx agir ainsi en écrivain naturaliste. Le manuscrit du premier acte du drame - le seul que nous ayons pu retrouver à ce jour - truffé çà et là de références à des articles de La Dépêche, prouve que Saint-Pol-Roux s'était également mêlé aux pêcheurs, pour qui il prend manifestement parti, afin d'en rendre le pittoresque et le langage si particulier. Il sera intéressant de relire ce premier acte en le confrontant à l'article de Kerdreux et aux documents qui l'illustre... ce que je ferai prochainement.

Pour ma part, j'ai donné à la revue, "Saint-Pol-Roux, Divine et le C.A.M. de Camaret", article qui reprend avec quelques remaniements un ancien billet, et qui prouve une nouvelle fois l'engagement du poète dans la vie camarétoise et dans la guerre. Il y est question, notamment, des relations de Saint-Pol-Roux avec les pilotes du Centre d'Aviation Maritime installé sur le Sillon. Là encore, je ne ferai pas plus de commentaires, et me contenterai d'offrir, en addendum, un document retrouvé grâce à cet excellent site sur la Presqu'île. Il s'agit d'un hommage de Saint-Pol-Roux, publié dans La Dépêche du 18 juin 1917, au lieutenant Helluin et au quartier-maître Salaun, pilote et mécanicien du C.A.M. dont l'avion s'était écrasé le 9 juin.
On l'aura compris, je recommande vivement l'acquisition et la lecture de cette riche livraison d'Avel Gornog, dans laquelle l'amateur de Saint-Pol-Roux ne manquera pas de trouver matière à enrichir sa connaissance du poète. On pourra trouver le sommaire complet du numéro et le commander sur le site de la revue : http://www.avel-gornog.fr/.

2 commentaires:

michel.kerninon a dit…

Bonjour et merci de vos informations. L'autre dimanche, avec mon ami le romancier Hervé Bellec qui m'accueillait pour un we à Camaret , nous nous sommes retrouvés devant Coecilian pour entamer une longue marche sur le sentier du Toulinguet.
Avons donc évoqué le Magnifique et Divine avant de nous recueillir en fin de marche sur leur tombe au cimetière. Amicalement. A bientôt. Et j'espère que vous pourrez continuer a faire vivre longtemps nos Fééries intérieures. MK

SPiRitus a dit…

Cher Michel, merci de votre fidélité au Magnifique.